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21.07.2007
Le feu... cet animal
Aujourd'hui je vais me laisser aller à la tristesse. Je vais parler du feu et laisser aller mon cœur. Je ne parlerai pas du feu de camp qui réchauffe ceux qui bivouaquent, leur donne des couleurs aux joues, les rassemble et leur éclaire les yeux de milliers d'étincelles. Ni du feu de la Saint-Jean qui a cette valeur mystique de célébration du solstice d'été dans un rite païen.
Non je vous parlerai de ce feu qui ne détruit pas seulement de la végétation mais au-delà il y a des vies.
Alors oui la tristesse car je viens de voir qu'un nouveau feu a détruit des centaines d'hectares dans le Var. Au-delà de cette partie visible et tant médiatisée que sont les flammes, les moignons noircis et calcinés que sont les restes des arbres; il y a cette blessure, cette croûte noirâtre qui s'étale à flanc de colline.
Je veux parler aussi de tous ces petits animaux carbonisés dans leurs abris, dans leurs terriers ou en plein vol parce qu'ils n'ont pu échapper à "la bête".
Le mot est lâché: "la bête", car il y a de l'animalité et de la sauvagerie dans un feu. On emploie bien plus souvent le mot "dominé" qu'éteint d'ailleurs "les pompiers se sont rendus maîtres du sinistre". On voit les flammes monter et "danser", on peut entendre le son rauque des flammes, on le voit avancer, partir, "sauter" les routes et prendre à revers l'imprudent qui s'était aventuré trop loin tout seul.
Ce feu vivant contre lequel sont déployés des moyens « militaires » : des soldats du feu, on déploie une stratégie d’attaque, on le contourne, on le prend à revers….
Je veux aussi crier la douleur de ces animaux rattrapés par les flammes dont la fourrure s'enflamme et qui vont mourir un peu plus loin et parfois même, ô comble de l'ironie, transportent ce feu là où il ne serait pas allé. Ces pins dont les pignes gorgées de résine bouillante s'enflamment et partent comme des cadeaux empoisonnés et vont eux aussi porter le feu là où on ne l'attend pas. Loin parfois, beaucoup trop loin, voir même dans le dos de ceux qui luttent contre ces flammes dévorantes.
Le feu dévoreur de vie végétale mais humaine aussi. Tous ces gens professionnels ou volontaires aux yeux hagards, éperdus de fatigue après avoir lutté sans merci et sans succès pendant des heures. Tous ces gens aux poumons asséchés, aux sourcils et cheveux brûlés assis par terre trop hébétés pour pouvoir même penser.
Je revois le massif des Maures s'étirant comme une lune inhospitalière, dominé par le relais de Notre Dame des Anges, où les seules taches jaunâtres avec parfois un peu de vert sont les chênes-lièges sauvés du désastre par leur carapace naturellement incombustible.
Cette croûte noire d'où émergent les chicots noircis des pins, chênes et eucalyptus réduits à l'état de squelette. Avec parfois aussi les ruines d'un mas ou d'un abri à vendanges.
Une tristesse immense m'envahit et pourtant...
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Commentaires
Il y a bien sûr celui qui pique les petites culottes sur les fils à sécher le linge entre les bungalows. Il s'incruste la nuit, pendant que l'ensemble de ces trous du cul de salariés de la classe moyenne se déhanchent sur "ils m'entrainent au bout de la nuit, les démons de minuit" à la soirée dansante. Les coups de soleil sur la gueule, le tee-shirt tout propre repassé, le pantalon à pince...
Suite: http://andy-verol.blogg.org/
Ecrit par : Andy Verol | 21.07.2007
Merci pour le com.
Je vois bien le rapport avec le feu.
Ecrit par : alphomega | 23.07.2007
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